5 Avril 2018

Satellites

Trois types de systèmes satellitaires œuvrent pour le programme Cospas-Sarsat.

À l’origine, ils utilisaient la fréquence 121,5 MHz pour localiser les balises de détresse. Pour gagner en rapidité, les nouveaux satellites lancés à partir de 2005 ont été prévus pour utiliser la fréquence 406 MHz. Même si les balises émettent toujours sur les deux fréquences, celle de 121,5 MHz ne sert plus que pour affiner les positions, dans le cas d’une recherche d’épave, par exemple.

Satellites LEO

Les satellites en orbite terrestre basse altitude (dits LEO pour Low Earth Orbit), à savoir entre 900 et 1 000 km, se déclenchent généralement les premiers lorsqu’une balise de détresse est activée. Les premiers ont été lancés en 1982, et ont dès cette année permis de sauver des vies. Ils mettent à peu près 100 minutes à circuler autour de la Terre. Ils forment le système LEOSAR. Les satellites LEO ont été lancés par METOP (France) et la NOAA (Etats-Unis), ils servent aussi au niveau local pour la météorologie. Le système LEOSAR calcule la position des balises déclenchées en utilisant les techniques de traitement Doppler. Le changement de la fréquence du signal reçu de la balise est mesuré, et connaissant la position exacte du satellite, la station terrienne de réception est capable de calculer la position de la ou des personnes à secourir.

Satellites GEO

Les satellites géostationnaires (GEO) orbitent à 36 000 km d’altitude et disposent ainsi d’un champ de vision plus large. Mais leur position fixe équatoriale autour de la Terre ne leur permet pas de calculer les positions en utilisant l'effet Doppler. Ils complètent les relevés des LEO en confirmant les positions estimées ou en récupérant sa position dans le message codé de la balise dotée d’un récepteur de navigation interne ou externe, c’est-à-dire un GPS. Les différents satellites GEO forment le système GEOSAR. Ils ont été lancés par la NOAA, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (satellites GOES), par l’ISRO, l’Organisation de la recherche spatiale indienne (satellite INSAT) et par l’ESA, l'Agence spatiale européenne (Satellites Metosat Second Generation/MSG).

Satellites MEO

Récemment, des satellites orbitant à moyenne altitude (MEO pour Medium Earth Orbit) ont commencé à être lancés à 20 000 km, pour progressivement remplacer et optimiser les secours. Pour bien fonctionner, le système MEOSAR a besoin d’un grand nombre de satellites en orbites diverses, d’un grand nombre d’antennes de réception au sol, et d’une mise en réseau : c’est cet ensemble qui rend le système très rapide, quasiment en temps réel. Il y a aujourd’hui 43 satellites MEO, dont GALILEO pour l’Europe, GPS pour les États-Unis et Glonass pour la Russie, 70 sont prévus après 2020. La mise en place de MEOSAR a permis de doubler le nombre de vies sauvées par jour entre 2016 et 2017.

La France est la seule à bénéficier d’une antenne dite active ou hybride (CNES, grâce à Thales) : l’antenne active peut aller chercher et émettre une conjonction de signaux numériques sans aucun mouvement mécanique et ainsi gérer plusieurs réceptions de signaux de détresse en même temps.

Cospas-Sarsat étudie actuellement un moyen pour l’utilisateur de savoir si son message d’alerte a été bien reçu (pour l’instant seul un bouton rouge indique qu’il a bien émis). Les centres de données (MCC) enverront probablement le signal en même temps que le message à destination des centres de coordination des secours.

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